Le dispositif démission-reconversion permet à un salarié en CDI de démissionner tout en percevant l’allocation chômage, à condition que son projet soit validé avant la démission. Il faut avoir travaillé 1 300 jours sur les 60 derniers mois, être accompagné par un conseil en évolution professionnelle et obtenir l’attestation de Transitions Pro. Sans cette validation préalable, pas d’indemnisation.
Les conditions à remplir
- Être en CDI de droit privé, à temps plein ou partiel. Les CDD, intérimaires et indépendants sont exclus.
- Justifier de 1 300 jours travaillés au cours des 60 mois qui précèdent la démission, chez un ou plusieurs employeurs. Les congés sans solde et sabbatiques ne comptent pas.
- Avoir un projet de reconversion nécessitant une formation, ou de création ou reprise d’entreprise.
- Faire reconnaître ce projet comme « réel et sérieux » par la commission Transitions Pro de votre région.
Les étapes, dans l’ordre
- Demander un conseil en évolution professionnelle avant de démissionner. Pour cette démarche, il se fait auprès de l’opérateur régional, de l’Apec ou de Cap emploi : selon l’Unédic, France Travail et les missions locales ne conviennent pas ici.
- Construire et déposer le dossier auprès de Transitions Pro avec le conseiller : projet, formation visée ou plan d’entreprise.
- Attendre la décision écrite. En cas de refus, vous disposez de deux mois pour un recours gracieux.
- Démissionner une fois l’attestation obtenue.
- S’inscrire à France Travail dans les 6 mois qui suivent la décision et demander l’allocation.
Combien touche-t-on ?
L’allocation est calculée comme pour n’importe quel demandeur d’emploi, à partir de vos salaires passés, avec les mêmes règles de durée et de cumul. Vous pouvez donc la percevoir pendant la formation, puis pendant la recherche d’emploi. Si vous créez une entreprise, les aides habituelles aux créateurs s’appliquent.
Le contrôle à 6 mois
France Travail vérifie dans les 6 mois suivant l’ouverture de vos droits que vous mettez bien en œuvre votre projet. Si ce n’est pas le cas sans motif valable, vous êtes radié et vos allocations sont supprimées pendant 4 mois. Gardez donc toutes les preuves de vos démarches : inscription en formation, rendez-vous, démarches de création.
À retenir : la démission-reconversion se prépare plusieurs mois à l’avance. Ne posez jamais votre démission avant d’avoir l’attestation de Transitions Pro en main.
Démission ou maintien du contrat ?
Démissionner coupe le lien avec votre employeur, ce qui n’est pas toujours nécessaire. Si votre formation dure moins d’un an, le projet de transition professionnelle vous permet de vous former en gardant votre contrat et une rémunération souvent plus élevée que l’allocation chômage : voir notre page sur le projet de transition professionnelle. Les autres options pour un salarié sont présentées dans notre page sur la reconversion en CDI.
Le dispositif démissionnaire fait partie des aides à la reconversion, toutes présentées dans notre dossier pour préparer son changement de voie.
Questions fréquentes
Combien de temps faut-il avoir travaillé pour la démission-reconversion ?
1 300 jours travaillés au cours des 60 mois précédant la démission, de façon continue, chez un ou plusieurs employeurs (1 825 jours à Mayotte).
Peut-on démissionner avant la validation du projet ?
C’est fortement déconseillé : si Transitions Pro refuse le projet, vous n’aurez droit à aucune allocation.
Un salarié en CDD peut-il utiliser la démission-reconversion ?
Non, le dispositif est réservé aux salariés en CDI de droit privé. Un salarié en CDD peut en revanche demander un projet de transition professionnelle sous conditions d’ancienneté.
Sources
Informations vérifiées le 30 octobre 2026 auprès des sources suivantes :
Ce guide informe sur les dispositifs en vigueur à la date de mise à jour. Les règles évoluent souvent : vérifiez votre situation auprès d’un conseiller en évolution professionnelle, de France Travail ou de Transitions Pro avant toute décision.